Méditation du Chemin de Croix 2024

 

Chemin de croix, chemin de vie !

« Je crois Seigneur, tu nous donnes la Vie !

Je crois au Christ, le Fils bien-aimé du Père ;

Il a partagé notre condition humaine.

Il nous a aimés à en mourir ! »

 

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Mot introductif :

À travers cette méditation sur le chemin de croix de Jésus, c’est la dynamique de la transfiguration du genre humain que nous voulons contempler avec vous. Ce chemin est en effet celui de notre salut, chemin emprunté par Dieu qui ne cesse de venir à nous. Dans notre histoire réelle, actuelle, des hommes et des femmes vivent des situations terribles et terrifiantes : nous croyons que Dieu n’abandonne jamais ses enfants ; il est avec nous, sur les chemins de la vie.

En empruntant ce chemin de croix, nous avons l’opportunité de nous laisser imprégner par la présence vivifiante de notre Seigneur Jésus ; sa force salvifique continue de se déployer pour nous, lorsque nous nous rassemblons en son nom, lui qui nous dit ici et maintenant : « venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi, je vous procurerai le repos ». Mt 11, 28.

Fasse Dieu que nous puissions être entraînés, pas à pas, vers l’amour manifesté en Jésus qui s’identifie profondément à chacun de nous, qui prend sur lui notre pauvre et notre faiblesse, pour faire éclore la Vie nouvelle de Dieu, le Vivant pour les siècles et des siècles, amen !

Chant : Levons les yeux, voici la vraie Lumière, voici le Christ qui nous donne la paix, ouvrons nos cœurs à sa miséricorde, notre sauveur est au milieu de nous.

Jésus Christ le Fils de Dieu fait homme, vient demeurer au milieu de son peuple ! Regardez, voici l’Emmanuel, Dieu avec nous, venu dans notre chaire.

Il est Dieu, il est notre lumière, rayon jailli du cœur très saint du Père. Sa clarté embrase l’univers, Il est la vie illuminant la nuit !

C’est par lui que fut créé le monde, pour l’habiter, l’habiller de sa gloire. Par son nom Dieu se révèle à nous. Accueillons-le, il vient parmi les siens !

Viens Jésus ! Entre dans ton saint temple ! Nourris nos cœurs, donne-nous ta Parole ! Nous voici, tes enfants rassemblés, parle Seigneur, et nous écouterons !

 

1ère Station : Jésus est condamné à mort

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations. Pilate lui demanda à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi.«  Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate fut étonné. Mc 15, 3-5

© Jésus, en face du flot de paroles accusatrices, n’aurais-tu pas pu interpeler encore une fois, avec une de ces paroles de sagesse dont toi seul as le secret ? Tu aurais pu toucher les consciences et ainsi, sauver ta peau ! Mais non ! tu te tais. L’heure n’est pas à la défense. Elle ne l’a jamais été. Les accusations pleuvent comme autant de coups de poignard. Et tu gardes le silence, ton silence étonne, il en dit long. Rien ne pourra te séparer de l’amour de ton Père ! Tu te donnes, tu te livres à leur bon plaisir, comme si c’était un plaisir et bon qui plus est !

Et moi aujourd’hui ? Quelles sont mes paroles sur les autres ? vides ? accusatrices ? réprobatrices ? malveillantes ? Ne suis-je pas en train de chercher seulement à faire le buzz sur les réseaux sociaux, au dépend de la vérité, de la bienveillance ? Ou encore … lorsque je suis accusé … comment est-ce que je vis cela ? en communion avec toutes les victimes des procès creux et iniques et uni au Christ ? Est-ce que je pense à offrir les calomnies et les médisances, à Dieu qui peut nous faire traverser la mort même ?

Seigneur, donne-nous d’essayer de te ressembler le plus possible dans toutes nos relations. Amen

Chant : ...

 

2ème Station : Jésus est chargé de sa croix

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit « le Crâne (ou Calvaire) », qui se dit en hébreu Golgotha. » Jn19, 17.

© Jésus notre frère, à travers cette croix, tu assumes les conséquences des injustices humaines de tout temps et en tous lieux. Tu nous laisses l’image d’un Dieu qui n’abandonne pas sa création, encore moins ses enfants. En ce moment, nous voulons te confier les personnes qui portent de lourds fardeaux, spécialement les personnes qui prennent soin des membres malades ou handicapées de leurs familles.

Dieu notre Père, nous confions à ta miséricorde tous tes enfants guettés par le découragement, le désespoir ; ceux et celles qui ressentent douloureusement le poids de la vie, ceux et celles qui sentent que les exigences des lois dépassent leurs forces.

Chant : .

 

3ème Station : Jésus tombe sous le poids de la croix

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« L’ennemi cherche ma perte, il foule au sol ma vie ; … Je tends les mains vers toi, me voici devant toi comme une terre assoiffée. Vite, répond-moi Seigneur. Je suis à bout de souffle ! Ps 142, 3a.6.

© Rien de merveilleux, rien de glorieux dans ce qui se passe sous nos yeux. Sur ce chemin, Jésus partage les humiliations de tout homme ; mais s’il prend sur lui nos blessures, c’est pour nous remettre en route. Ta chute, ô Jésus, manifeste que tu as réellement pris jusqu’à notre faiblesse et cette chute est surtout promesse de relèvement, comme pour nous dire que « la gloire de Dieu, c’est l’homme debout » (St Irénée de Lyon).

Sur ce chemin, tu nous amènes à accepter d’aller vers Dieu non pas en nous hissant à son niveau par une perfection acquise, dans une volonté de puissance ; non ! Tu nous dis que nous allons vers Dieu dans l’humilité, en lui confiant nos misères.

Oh Jésus notre frère, icône de Dieu, lumière sur l’humain, par cette chute tu m’apprends que ma fragilité et ma vulnérabilité sont une porte ouverte sur le mystère de Dieu.

Jésus, unique espoir de ceux qui sont meurtris par leur faiblesse, ouvre-nous à l’espérance et à la paix. Amen !

Chant :

 

4ème Station : Jésus rencontre sa mère

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il y a une douleur pareille à la douleur qui pèse sur moi. » Lam 1, 12

© Marie avait porté Jésus dans son sein ; elle l’avait mis au monde en lui donnant de naître dans la chair humaine. Maintenant c’est Jésus qui, par cette croix, porte chaque humain sur ses épaules, afin que tous reçoivent en don, la Vie éternelle.

Sur le chemin du Golgotha, lorsque le fils et la mère se rencontrent, leurs regards silencieux communiquent : seules les larmes expriment leur immense tendresse et leur compassion réciproque. Par-delà les vicissitudes de la vie qui culminent dans la douleur des cœurs meurtris, le fruit de l’incarnation se produit dans la communion entre le divin et l’humain : ce fruit est là, il se dit dans vos regards croisés.

Béni sois-tu Seigneur Jésus car dans les épreuves de la vie, ta Présence est strictement liée à celle maternelle de Marie : que ses larmes pleines de compassion, puissent baigner la terre aride des cœurs brisés par toute souffrance, et faire germer l’Espérance. Amen !

Chant :

 

5ème Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Les soldats réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. » Mc 15, 21

© Réquisitionné, tu n’avais pas le choix, Simon. Et pourtant, tu l’as fait avec humanité. J’aime imaginer le regard reconnaissant de Jésus qui voit en toi un sauveur. Oui, enfin, un peu de réconfort dans cette marée d’injures et d’hostilité. Quelqu’un va te suivre et porter ton joug, ce poids trop pesant qui t’écrase. Toi le Sauveur, tu es aidé par celui que tu sauves !

Merci Seigneur pour tous ces compagnons de route, connus ou anonymes, fidèles ou de passage qui nous aident à surmonter le poids trop lourd de nos vies. Amen !

Chant :

 

6ème Station : Véronique essuie le visage de Jésus

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eut séduits. … comme quelqu’un devant qui on se voile la face. » Is. 53, 2b.3c … « De toi mon cœur a dit : « cherchez ma face ». C’est ta face Seigneur que je cherche, ne me cache pas ta face » Ps 26, 8-9.

© C’est un geste qui nait de la délicatesse du cœur, qui surgit gratuitement. Et ce visage défiguré qui communique bonté et pardon, c’est celui du Vivant que Véronique avait peut-être déjà contemplé en sa beauté, pendant sa vie. Maintenant, cette nouvelle icône du Christ va se graver dans son cœur de femme et demeurer, mémoire d’Amour sur le lin de sa pitié.

Nous te bénissons Seigneur Jésus pour tous les innombrables gestes de bonté et de tendresse qui sont posés aujourd’hui encore en ton nom, pour soulager les personnes qui souffrent. Nous te prions, aide-nous à œuvrer pour que tous puissent accueillir ton Visage aimant qui se révèle aujourd’hui à travers les témoins de ta tendresse dans l’église et dans le monde. Amen !

Chant :

 

7ème STATION : Jésus tombe pour la deuxième fois

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion » Hb 5, 8.

© Voici l’homme … dominé, écrasé ! Plus que jamais, Dieu, en Jésus s’identifie à tous ceux que l’on écrase et à qui l’on intime le silence. Seigneur Jésus, je découvre pour de vrai, que tu es venu sauver l’homme et donner sens à son combat pour la dignité. Tu n’as rien réservé de ton amour qui te pousse jusqu’au bout du don, sur cette route de douleur et de sang.

Une 1ère chute, puis une 2nde ! une fois encore ! Eh oui, une fois de plus … serait-ce le signe qui nous dit que tu nous as aimés au point de n’avoir point de résistance devant l’homme en besoin de salut ? Peut-être bien ! Quel dieu est comme toi Seigneur !

Seigneur, reçois l’offrande de nos vies réelles, faites de chutes et de relèvements. Nous te prions, sois toi-même la force et l’espérance de ceux qui s’écroulent au jour le jour sous le poids de la menace et des attaques. Amen !

Chant : ….

 

8ème Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

Jésus leur dit : Filles de Jérusalem ne pleurez pas sur moi. Mais pleurez plutôt pour vos enfants ; car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il du bois sec ? Luc23, 28.

© Qui sont ces femmes que Jésus rencontre ? Seraient-elles des pleureuses qui accompagnent n’importe quel condamné à mort durant sa montée vers le Golgotha ? Seraient-elles des femmes qui suivaient Jésus et ses disciples, les aidant de leurs biens ? Que pensaient-elles en ce moment ? que ressentaient-elles en le voyant ainsi ?

Et moi, devant ce cortège, dans cette procession … comment est-ce que je me situe ? Comme un simple spectateur, comme un moqueur ? ou est-ce que je prends place et me laisse interroger sur mon attitude devant la souffrance des autres ?

Voici Jésus, l’homme broyé par la souffrance ! À bout de souffle, il trouve quand même de l’énergie pour parler aux femmes qui se trouvent là, il veut les amener plus loin dans leur foi. Mais qui es-tu Jésus, toi qui, même dans la souffrance cherches à consoler les autres ? Quel Dieu es-tu ? Quel homme es-tu ?

En toi, je reconnais toutes ses personnes défigurées par la souffrance, je reconnais ces grand-malades qui, dans le silence de leur souffrance, m’enseignent sur la vie.

Seigneur, dans ma souffrance, donne-moi d’entendre ta voix ; devant la souffrance de mes proches, donne-moi d’être ta présence.

Chant :

 

9ème Station : Jésus tombe pour la troisième fois

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » Phil. 2, 6-8.

© Seigneur Jésus, est-ce ainsi que tu te fais solidaire de toute la fragilité humaine ? Ta naissance parmi nous ne suffisait-elle pas ? Ton abaissement est total et profond. Puisque tu t’es intimement identifié à nous, regarde toutes les personnes qui vivent une expérience d’échec répété, les personnes qui trébuchent à cause de leur dépendance à la drogue, l’alcool, le jeu

Chant :

 

10ème Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Alors les soldats se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun. » Mc 15, 24.

© Les vêtements sont pour les humains, signes de dignité, de respectabilité. Lorsqu’ils sont arrachés à quelqu’un, c’est son honneur et son droit de cité qui sont bafoués, ôtés.

Seigneur Jésus, te voici, uni maintenant à toutes les personnes qui connaissent l’humiliation ; tu compatis à leurs blessures en te laissant dépouiller de ton « droit de cité ». Tu te dessaisis de tout sauf de l’essentiel qu’est l’amour de Dieu et de l’homme. En toi, Dieu manifeste sa puissance d’amour, une puissance qui ne se protège pas, une puissance de don qui fais vivre.

Dieu notre Père, accorde encore ta force d’aimer à toutes les personnes et les peuples dépouillés de leur dignité, leur culture, leur langue…

Chant :

 

11ème Station : Jésus est cloué à la Croix

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé « le Crâne », ils l’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche ». Lc23, 33.

© Désarroi ! Tous, encore aujourd’hui, nous considérons que Dieu est fort, inébranlable, tout-puissant ... Ce peuple qui t’entourait avait ainsi eu espoir qu’enfin, avec toi, était venue l’heure de sa vengeance, l’heure de sa souveraineté face à l’occupant étranger. Eh bien apparemment non : surprise et indignation. Jésus est cloué sur le bois, il est plaqué au sol avant d’être planté en terre. Dieu de Jésus-Christ, quel Dieu es-tu ? quel homme as-tu voulu être ?

Sur ce moment, je pense que tu n’as jamais été si proche de moi : certains jours, je me sens grand, fort et puissant. Puis, arrive des imprévus : maladie, chômage, incompréhension, rupture … ses réalités implacables qui plombent ma vie et la collent au sol. Oui Dieu, tu es mon Dieu, si proche de moi, si vrai avec moi, toi dont l’amour t’expose et te rend vulnérable. Sur la croix, tes bras ouverts s’offrent pour accueillir les malfaiteurs, et même tes bourreaux : fais-nous connaitre davantage comment l’amour est ton nom, ta force et ta puissance !

Nous te prions Seigneur Jésus pour ton Église d’aujourd’hui encore mise en croix, pour tes amis qui avec patience et force, supportent toute sorte de violence, d’intimidation, de menaces à cause de ton nom. Oui Seigneur, soutiens tous ceux qui travaillent à l’annonce de la Bonne Nouvelle, afin que par leur persévérance dans la douceur, ils deviennent source de confiance en Dieu pour qui nul n’est jamais perdu. Amen !

Chant :

 

12ème Station : Jésus meurt sur la croix : Dieu solidaire de l’homme

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Sachant que dès lors tout était achevé, pour que l’Écriture soit accomplie jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif«  ; il y avait là une cruche remplie de vinaigre, on fixa une éponge imbibée de ce vinaigre au bout d’une branche d’hysope et on l’approcha de sa bouche. Dès qu’il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est achevé«  et, inclinant la tête, il remit l’esprit. » Jn 19, 28-30.

© Tout est accompli ! Dans cet instant, Jésus rejoint tout humain et tout de l’humain (excepté le péché). Il réalise au plus haut point sa mission d’être avec nous : « Dieuavecnous », jusque dans la mort. Il est avec moi/toi dans ce qui m’angoisse peut-être le plus, dans ma/ta fragilité ; et c’est là aussi qu’il réalise la communion entre ma vie concrète de tous les jours et ce qu’elle a d’absolu, c’est-à-dire un avenir.

La mort de Jésus manifeste l’amour accompli, qui embrasse tout de nous en nous embrasant de Dieu. Nul n’est jamais trop loin de Dieu, nul n’est jamais perdu pour Dieu !

Jésus, notre frère, dans ta mort, tu as touché l’abîme de la finitude, le gouffre qui angoisse tous les humains. Sois avec nous Seigneur, manifeste ta présence à ceux qui vont passer la mort ; qu’ils puissent vivre ce moment avec ton réconfort et dans la paix. À toi, le vivant, depuis toujours et pour toujours. Amen !

 

13ème STATION : Jésus est descendu de la Croix et rémis à sa mère

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. » Jn 20, 38.

© Joseph d’Arimathie brave l’autorité et rend un dernier hommage au corps de Jésus : l’ensevelir avant le sabbat, afin qu’il ne reste pas là pendu, exposé à tous les regards et à tous les rapaces.

Quelle a dû être la douleur de Marie sa mère, de le tenir, mort, sans vie, dans ses bras. Voici entre ses mains, un corps torturé … celui de son fils, celui de son Dieu. Comme elle, lorsque je reçois dans mes mains le corps du Christ, je dis amen ! Croire à la bonté de Dieu qui se donne à moi !

Comment peut-on trouver un sens à ta mort ô Jésus ? comment puis-je donner sens à mes petites morts, à ma mort ?

Apprends-nous Marie, quelle espérance veille en toi ? Oui, Marie, éveille, réveille cette espérance dans le cœur de tous les parents qui ont perdu un enfant.

Chant : Je suis sauvé, aimé, pardonné par ta grâce :

Ta grâce vient me libérer, ta grâce vient me racheter,

C’est par la foi que je suis sauvé. (en boucle)

 

14ème Station : Jésus est mis au tombeau

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix !

« Joseph d’Arimathie le descendit (de la croix), l’enveloppa dans un linceul et le mit dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n’avait été mis » Lc 23, 53-54.

© Son corps est enveloppé dans un linceul, tout comme celui du nouveau-né avait été mis dans des langes (Lc 2, 7). Maintenant, le tombeau (le ventre de la terre) le reçoit comme il avait été reçu dans le sein maternel. La mère terre (tombeau) pourra-t-elle continuer à être un lieu de captivité ? sera-t-elle plutôt un lieu de germination ? D’Égypte (Mitsrayim : détresse), j’ai appelé mon fils ! Mt 2, 15.

Le corps de l’humain est une terre d’espérance : il peut être parfois blessé, torturé … mais il reste toujours comme un tombeau que Dieu ouvrira au jour de Vie !

Bon pasteur, toi qui nous conduis vers les eaux du repos, prends-nous par la main, reste auprès de nous quand nous traverserons les ombres de la mort (Ps 22, 2-4). Viens encore aujourd’hui, dans les nuits de nos tombeaux multiformes, nous conduire des ténèbres à ton admirable lumière, toi le Vivant pour les siècles des siècles, Amen !

Chant :

 

15ème Station : L’espérance de la résurrection

Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons :

Parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix !

Jésus ressuscité se mis à table avec eux (les deux compagnons d’Emmaüs), il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent, puis il devint invisible. … À l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem. » Lc 24, 30-31.33a.

© La mort de Jésus, aussi dramatique qu’elle ait été, n’est pas faite pour susciter émoi et tristesse. Oui, Seigneur Jésus, depuis le matin de ton tombeau ouvert, tout est définitivement retourné.

Comme jadis pour les compagnons d’Emmaüs, tu nous retournes : tu nous tournes vers toi, et tu nous retournes vers nos frères et sœurs en humanité, en vue de vivre de ta vie.

Au terme de ce chemin de croix, tu me tournes vers le signe de la vie donnée, une vie offerte par amour. Tu me rejoins sur mes chemins difficiles ; tu me cherches dans mes lieux ténébreux, pour me remettre dans le sens de la charité, pour me tourner vers la maison du Père.

Dieu Vivant, toi qui aides toujours tes enfants que nous sommes à renaitre de leurs cendres, nous te confions particulièrement notre humanité en souffrance de guerres et de conflits multiformes. Par la grâce du chemin de vie de ton Fils bien-aimé, convertis nos cœurs à ta paix.

Chant : Ressuscité à soi-même, redécouvrir le Soleil, et vouloir guérir quand même, un nouveau soleil s’éveille, pardonner enfin.

Pardonner, lâcher la corde et reprendre le chemin. Refuser enfin de mordre, de secréter du venin. La vengeance nous saborde, il faut pouvoir aller plus loin ; lâcher prise, ne plus mordre, s’abandonner en ses mains.

Pardonner l’impardonnable, sans oublier rien, non rien … Pardonner l’insupportable, délivrer aller plus loin ; pardonner l’irréparable, pour se libérer enfin, dans ce don si incroyable, s’abandonner en ses mains.

Pardonner comme l’on cherche un avenir dans le don. Même dans les controverses, lorsqu’on reconstruit un pont. Laisser les pensées perverses, pardonner, donner jusqu’à … tant pis si ça vous bouleverse, 77 fois 7 fois.

 

Mot d’envoi :

Frères et sœurs, le Christ nous a laissé le témoignage vivant qui dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Son abaissement ouvre l’existence terrestre sur un a-venir.

Le chemin de croix de Jésus nous rappelle comment lui, Jésus, a donné sa vie pour le genre humain, pour nous ouvrir à l’infini de Dieu. Il est pour nous source et gage de vie donnée ; il nous invite tous sur le grand chemin de sa charité. Aujourd’hui encore, le monde a besoin d’hommes et de femmes qui sont signe de la croix, signe d’abaissement et de relèvement.

Le signe de la croix du Christ attend d’être planté à chaque bout de rue ici à Tournai et partout dans nos lieux de vie.

Tournai, mars 2024,

Cmté des Religieuses de l’Assomption

Ab Romaric OUATTARA

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